Les lieux notables

 » – J’ai connu un petit entrepôt, derrière les docks du secteur trois de Nazca, où on pouvait trouver tout ce qu’on voulait. L’endroit était situé un peu a l’ecart des Docks, et il s’organisait une sorte de marché noir de la débrouille; totalement illégal bien entendu; où il se vendait a peu près tout ce qui se fabrique en Ligue rouge, à des prix déclassés. Il y avait une petite coursive qui faisait la jonction avec le quartier des videurs de Raies Mornes, d’où l’odeur. Mais du coup, l’entrepôt était boudé par les autorités et c’était le souk. Ils y vendaient tout et n’importe quoi.
– Même des Torpilles de classe 8 ?
– Même des torpilles de classe 8. On y trouvait tout j’te dis ! Et pour preuve, j’y ai même trouvé ma femme « .

Olaf Tarddrek, fonctionnaire Liguéen. 

 

 » La Cabine du Grand Maitre Daevon était vraiment un endroit particulier. Aussi particulier que le Grand Maitre, lorsqu’on y pense. En tant que privilégié au sein du Culte du Trident, il avait le droit à un bureau spacieux, dont la façade comportait un sas privé – il fallait ménager ses besoins d’hybride, disaient-ils.  L’ameublement était relativement spartiate : le maitre n’en avait pas besoin. Une couche repliable, dans un coin, poussiéreuse, et peu usité. Un espèce de chevalet à holopeinture, disposé devant la verrière. Une grande bibliothèque, rempli d’holo de l’ancien temps, et même de quelques livres en papier sous vitrine, écrits dans des langues oubliées depuis longtemps. Ils avaient placé les charges explosives à cet endroit là « .

Kevan Odrin, Esculape du Culte du Trident.

 

Les stations de notre monde ont beau être d’immenses cimetières sous marins, cela n’empêche pas que certaines tombes méritent que l’on s’y attarde, disait un Prométhée dont le nom nous a échappé.

Au détour d’une coursive, ou même en plein ocean d’ailleurs, il existe toujours des recoins ou la magie de l’existence humaine reprends légèrement ses droits, l’espace d’un instant.

Pourquoi, ici, la rouille et les champignons donnent une apparence bucolique là où ils défigurent les autres coursives ?

Qu’est ce qui fait le charme de ce fichu tripot si haut en couleur ? D’où viens la fameuse pieuvre empaillée du bar éponyme ?  Mystère.

Bien sur il n’y a pas que du bon.

Et  nous ne reviendrons pas sur les descriptions aberrantes des âmes perdues, revenues des bas fonds d’Équinoxe.

Mais même au plus profond de l’horreur, il y a toujours, à l’origine, un endroit maudit, raconté par un rescapé délirant.

Des lieux, des histoires… c’est aussi de ça dont sont faites nos stations.

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